FORÊT ET TRAVAIL
COLONISATION ET   AGRICULTURE
  -Avant-propos
  -La famille Avery
  -La famille Larabie
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COLONISATION ET AGRICULTURE

Qui cultive son champ a du pain en abondance. Proverbes 12, 11 illustrator05@hotmail.com

La colonisation traverse trois siècles; de Louis Hébert (1575-1627) à l’année charnière de 1939. Cette activité gagne autant les anglophones que les francophones et couvre le Québec et l’Ontario, exception faite de sa partie septentrionale.

Dans cette société presque entièrement rurale, la colonisation agricole attire bien évidemment l’Habitant canadien en quêtes de terres. Après 1777, les familles Loyalistes arrivent à leur tour dans les forêts canadiennes suivies de l’immigrant britannique. Tant pour l’Habitant canadien étouffé dans les seigneuries que pour les Loyalistes dépossédés de leurs biens, que, pour les Irlandais nécessiteux et les agriculteurs écossais, la terre représente une chance inespérée pour un avenir meilleur.

La fonction de la colonisation est de défricher la terre pour la consacrer à l’agriculture. Pour un colon, la phase colonisatrice nécessitait, règles générales, quelque dix années de durs labeurs avant de penser vivre de la terre nourricière.

Contrairement au monde agricole qui enregistre, à partir de 1840, des progrès techniques successifs, la hache pour abattre et la chaîne pour essoucher demeureront l’outillage primitif du colon en matière de défrichements durant toute cette longue période. Donc, qui dit colonisation dit nécessairement travail manuel dur.

Au quotidien la colonisation agricole est pénible. Pour tous ces colons qui s’installent sur des terres, le travail est éreintant, la qualité de vie est essaimée par les maladies contagieuses (le choléra, la diphtérie, la tuberculose, la typhoïde, la variole), et les résultats toujours incertains. L’ensemble de ces facteurs réunis explique pourquoi cette période colonisatrice témoigne d’un grand nombre de célibats quasi obligatoires ainsi qu’une grande instabilité foncière.

Le phénomène se voit à travers deux grandes familles colonisatrices, l’une française l’autre anglaise. La famille française est celle de Philibert Larabie (1878-1959) et Almira Leblanc (1886-1975) originaires de Perkins Mill et de leur fils Ludger (1907-1994) marié à Ida Gauthier (1907-1976) installée depuis 1927 à Kapuskasing. Et la famille anglaise, celle de Nehemiah Avery (1863-1960) et Nellie May Groff (1874-1966) native du lac Menominee dans le Muskoka et aménagée à Tudhope* en 1912.

Le domaine pionnier de la famille Larabie, Kapuskasing, Ontario.

Essoucher et récolter chez les Avery, Tudhope, Ontario.

Ce présent travail s’alimente exclusivement à partir de papiers privés :mémoires, livres de compte, correspondance privée et repose aussi sur du matériel photographique d’une richesse exceptionnelle.

*Le village de Tudhope est situé le long de la voie ferrée du Canadien National non loin de Smooth Rock Falls dans le nord-est ontarien. Il est fermé depuis.

 
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